Présentation
Rôliste depuis la fac de médecine (meilleur moyen de garder sa santé mentale durant cette rude épreuve), j'ai commencé sur le tard d'abord en tant que joueur à Warhammer (un peu) puis en tant que MJ sur Bimbo, Star Wars (FFG) et l'Appel de Cthulhu (beaucoup).
Plutôt adepte d'une pratique "en vrai" sur table et appréciant le théâtre, j'accorde une grande part à l'interprétation et à l'ambiance autour de la table ainsi qu'à la musique et aux sons mais ne suis pas forcément un grand fan des figurines et des battle maps super travaillées.
Quant à savoir où je me situe sur le barrème du ludisme-simulationnisme-narrativisme, de une je dirais que je m'en cogne un peu et de deux que quand même, plutôt, ce serait du narrativismo-ludisme dont je me sentirais le plus proche. Mais je suis contre rien.
J'ai une préférence pour le rôle de MJ même si j'essaye d'avoir toujours une table en cours où je suis joueur. Je trouve que chaque rôle PJ ou MJ apporte des idées pour s'améliorer dans l'autre.
Autrement, dans la vie, je suis psychiatre et j'évolue actuellement sur 2 groupes très stables orientés grandes campagnes en PJ à Vampire la Mascarade V5 dans l'un et alternativement en MJ sur l'Appel de Cthulhu et en PJ sur Héros & Dragons dans l'autre groupe.
Collection
200 ouvrages · 47 gammes
Crimes
15
Nephilim
13
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Critiques
2 critiques · 2 gammes
Appel de Cthulhu (L')
1
Oripeaux du Roi (Les)
Oripeaux du Roi (Les)
Campagne jouée (Gardien) avec un groupe fixe de 3 joueuses et joueur de novembre 2018 à novembre 2019 en une bonne vingtaine de séances de 5 heures en moyenne.
Tout d'abord, laissez-moi un peu évoquer la genèse de cette campagne au sein de notre groupe : J'avais d'abord laissé plusieurs mois reposer le souvenir d'une première demi-lecture décousue et très en diagonale, dont je crois avoir gardé un sentiment initial mitigé mais intrigué.
Au cours d'un trek au Népal en octobre 2018, l'un des lieux abordés dans la campagne, je remaniais à distance ce souvenir, n'ayant pas le livre sur moi et je rongeais mon frein... C'était décidé, si je rentrais en un seul morceau, je lancais cette foutue campagne.
Une seconde lecture, en un seul morceau donc, m'apporta davantage de matériau. Et en guise de premier matériau, quelle entrée en matière !
Cette campagne, cette oeuvre, est un Opéra. Comme tout bon Opéra elle commence sur une Ouverture et comme toute bonne Ouverture, les personnages ne sont pas encore (complètement) entrés en scène.
J'était tout d'abord mitigé sur cette longue scène de théâtre, oscillant intrigué entre le scepticisme et l'envie (d'ancien théâtreux). A présent, sans hésitation : il faut jouer cette Ouverture complètement... et en musique.
L'auteur le dit lui même : les personnages ont tout à gagner à être pour certains d'entre eux connectés au milieu artistique.
Chez nous, nous avions un psychanalyste d'origine russe et saxophoniste de jazz dans les bars de Soho, une jeune femme assistant assiduement aux conférences du premier, issue de la noblesse de robe anglaise et versée dans la peinture et finalement son majordome, ancien militaire traumatisé de guerre versé dans l'art hôtellier.
L'implication des personnages, toujours une gageure dans l'Appel (un comble), est-ici rendue d'autant plus difficile qu'elle nécessite de les accrocher deux fois de suite sur deux évènements sans lien (initalement) apparent entre eux. Ne vous embêtez pas de celà, deux outils rendent la chose aisée : liez-les fortement entre eux avant les évènements et blessez-les. Pour ce faire, un outil merveilleux vous servira à les marquer : le Signe Jaune. Jouez sa trace insidieuse laissée dans leur esprit, frappez fort sur leur santé mentale, en jeu plus qu'en chiffres.
Une fois les ingrédients réunis et l'enquête lancée, ce qui s'offre à vous est une intrigue fine, des personnages subtils et ambigus, et une lente et très progressive montée en puissance jusqu'à un premier climax onirique et terrible, qui ailleurs aurait pu être synonyme de fin.
Il l'a d'ailleurs été, de sources diverses, pour de nombreux groupes. Mais ne commettez pas l'erreur de négliger la suite. C'est là que réside la douleur exquise du piège qui se referme.
Les antagonistes, pour l'essentiel, sont morts. Il n'en reste pour ainsi dire qu'un. Le plus noble, le plus sain et sans aucun doute le plus dangereux.
Les occasions de jouer la violence sont plutôt rares dans cette campagne. Mais cette violence doit être marquante, autant dans les chairs que dans les esprits. Attribut Ô combien lovecraftien que de ramener les personnages à leur insignifiance et leur fragilité.
Et si la violence est rare dans les Oripeaux du Roi, elle l'est encore plus dans cette deuxième partie, dont le caractère contemplatif est très appuyé. C'est une véritable quête aussi initiatique qu'exotique que vont suivre les personnages, sans savoir qu'au bout du chemin, ils rencontreront celui qui est peut-être, en fait, leur dieu.
La dernière scène du dernier scénario est d'une dureté implacable. D'une amoralité et d'un nihilisme désorientants. A même de bouleverser leur certitudes sur leur entreprise toute entière, voire davantage.
De quel droit s'opposerait-on au retour d'un dieu, qui est peut-être celui que tous attendent ? Et vous les laisserez-là avec ce choix bouleversant.
Résultat pour nous : l'un est mort de n'avoir pas choisi, l'une a choisi de se donner la mort et le dernier a choisi de se laisser tuer.
Aucun rideau pour tomber sur cette fin amère, mais des larmes et des applaudissments, comme au théâtre. Une expérience brillante d'une des campagnes les plus lovecraftiennes qui soient.
Star Wars (Genesys)
1
Sous le Soleil Noir
Sous le Soleil Noir
Avis donné après lecture, pas encore joué
On sent poindre à la lecture de ce scénario des possibilités de campagne, ce qui est plutôt enthousiasmant. Il représente un introduction moins progressive que le Kit d'initiation (qui, lui, est vendu avec les fameux dés), mais propose peut être d'avantage de richesse dans son scénario, notamment dans sa construction moins linéaire et l'implication d'une des grandes factions criminelles de la galaxie, le Soleil Noir, qui pourrait devenir un intervenant récurrent de vos futures aventures.
Quoi qu'il en soit il mérite d'être joué avec les personnages pré-tirés qui sont plutôt bien conçus et apportent une profondeur à l'histoire, grâce à leurs obligations notamment (ce fameux concept d'obligation qui ne sera pas du tout abordé dans le kit d'initiation même si l'idée centrale de son scénario y renvoie beaucoup).
Un kit de démarrage qui s'adresse donc probablement à un public un peu plus expérimenté et qui nécessite tout de même une bonne préparation du MJ.
Pour les MJ courageux il est probablement envisageable de lier tous les scénarios déjà proposés (celui-là, celui du kit et sa suite, celui du livre de base et celui du l'écran du MJ), le tout autour d'une ou de quelques trames communes. Peut-être que ça peut venir au fur et à mesure pour garder ce côté non linéaire.
A noter qu'une table de correspondance permet de jouer avec des dés polyédriques classiques, ce qui me semble tout de même très injouable. Je vous signale donc qu'une table d'autocollants pour modifier ses dés est trouvable sur le site de l'éditeur... américain (FFG). A bon entendeur !
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