Pierrick
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Critiques
2 critiques · 2 gammes
Chiaroscuro
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Imperium
Imperium
Petit avis sur Chiaroscuro (je précise à toutes fins utiles que je connais Aldo, un des auteurs, mais que j’ai essayé de faire comme si ce n’était pas le cas).
La forme : le livre est vraiment beau. Papier glacé, couleurs, reliure solide. Les illustrations sont pour la plupart superbes, même si on sent bien que certaines sont moins maîtrisées que d’autres. Hum… Ah et parfois on est confronté à de petits problèmes que je qualifierai de « visualisation » : comme les styles de dessins sont assez différents, certaines représentations manquent d’homogénéité (par exemple, à quoi ressemblent les légionnaires ? On a trois illustrations qui pourraient en représenter… Oui, mais laquelle est « la bonne » ?)
L’univers : alors ce monde est à la frontière de plusieurs influences (celles que j’ai ressenti ne sont d’ailleurs pas forcément les mêmes que l’auteur). Déjà il faut savoir que le livre de base se « déroule » (si l’on peut dire) dans un ancien empire qui est aujourd’hui coupé en deux à cause de certaines cités qui se sont constituées en ligue et ont fait sécession à la suite d’une guerre. Imaginez donc un Empire romain d’Occident qui aurait tenu jusqu’au début de la Renaissance et vous aurez une bonne idée de ce à quoi ressemble le setting principal décrit dans le livre (pour les connaisseurs de la série Elder’s scrolls, cela fait fortement penser à l’Empire tel qu’il est représenté dans Skyrim, mi Rome antique, mi Italie de la renaissance).
Sinon, l’autre grosse influence ce sont les anime de Miyazaki : tout ce qui est magique ou mythologique peut y être rattaché d’une certaine manière. Dans l’Empire on respecte les ancêtres et les esprits (façon kamis de la nature), mais il existe aussi deux entités primordiales créatrices : Père Nuage et Mère Sylve, qui lorsqu’elles se rencontrent « étendent le monde », qui est plat (là je me rends compte que j’aurai dû commencer ma description de l’univers par ça). Donc oui, les « dieux » sont réellement présents et visibles, même s’ils n’ont pas du tout l’air de se préoccuper de ce que font les humains. À noter aussi la présence d’anciennes civilisations disparues très avancées au niveau magique et qui ont légué directement ou indirectement une partie de leur savoir. Ça aussi c’est très « miyazakiesque ».
La dernière influence majeure, je dirais que ce sont les séries façon Game of Thrones ou Rome. Car bien qu’on puisse jouer n’importe quel type de personnage, du pauvre plébéien au riche aristocrate, j’ai l’impression que le jeu est calibré pour que les PJ soient plutôt dans l’entourage des puissants (on trouve les descriptions d’un tas de maisons nobles et on nous décrit les machinations politiques en cours).
Plusieurs axes de campagnes et groupes types sont présentés. Alors, aussi bizarre que ça puisse paraître, le mélange de ces influences fonctionne parfaitement ! L’alchimie se fait et tout s’emboîte très bien ! Ah et un truc super agréable : il y a un chapitre qui révèle une bonne partie des secrets du jeu (avec parfois plusieurs options à choisir par le MJ). Du coup, pas besoin d’attendre des mois ou des années (ou toute une vie) pour les avoir dans un supplément.
Le système : bon ça va aller vite car je ne suis pas un pro des systèmes en général. Celui de Chiaroscuro m'a paru très simple et très fluide (et court !). En gros si vous voulez un ordre de comparaison pour sa complexité, on est tout à fait dans un truc comparable à une ancienne édition de l’Appel de Cthulhu (V4 ou 5). Ça devient un peu plus pointu avec la magie, mais vraiment à peine (il existe quatre types de magie différents). En gros, pour réussir une action, vous jetez un d6 et vous ajoutez votre valeur de caractéristique. Il faut simplement dépasser ou égaler un seuil de difficulté. Si vous avec la compétence qui va bien vous ajoutez un ou plusieurs d6 à votre jet suivant votre expertise. Il y a quelques subtilités : le Clair et l’Obscur (qui jouent sur la création de personnages et l’expérience par exemple), l’Aspect (des points de « destin » achetables avec des xp), les Arcanes (des sortes de bottes secrètes / talents), et les Mystères (comme les arcanes, en plus « surnaturel »), mais pour ces deux derniers, les PJ n’en auront jamais beaucoup, à peine une poignée. Il existe un système pour créer ses propres Arcanes et Mystères, mais il est plutôt réservé aux personnages (très) avancés. Les combats sont super simples. La création de personnage est rapide. Il y a un système d’horoscopes qui donne des bonus et malus suivant le moment où se déroule un scénario mais il m’a paru (vraiment très) optionnel.
Bon, comme vous pouvez le voir, j’ai beaucoup aimé. Au chapitre des trucs sur lesquels je suis un peu plus mitigé : l’axe de jeu aurait gagné à être un peu mieux défini. On peut jouer n’importe quoi (dans la pègre, chez les pirates, chez les fossoyeurs, qui sont assez spéciaux dans ce jeu, etc.), mais clairement le côté « entourage des puissants » (que les PJ soient des aventuriers à leur service ou carrément les puissants eux-mêmes) me paraît privilégié, et j’aurai bien aimé que ce soit dit plus clairement, quitte à occulter franchement les autres possibilités. Peut-être aussi que certaines informations de background auraient dû être un chouilla mieux agencées (j’ai l’impression que sur certains points on fait quelques allers / retours dans la description de l’univers). Mais tout cela, ça reste des questions de goût personnel.
Ryuutama
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Ryuutama
Ryuutama
Et voilà, je sors tout juste de la lecture de Ryuutama. Alors que dire dessus ? Et bien pas mal de choses ! Déjà, en tant que vieux rôliste engoncé dans mes habitudes de joueur occidental, j’ai été autant surpris que déstabilisé par nombre de points du jeu. A certain moments je me suis même demandé ce que j’avais sous les yeux. Certes, c’est du JdR… mais avec des éléments qui me faisaient fortement penser à autre chose. Par exemple le bestiaire ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qu’on pourrait trouver dans un guide stratégique pour un RPG vidéo, et les états semblent tout droit tirés des vieux Final Fantasy (empoisonné, malade etc.). Il y a une omniprésence de tableaux et d’organigrammes… Mais malgré cela, tout reste vraiment très très très simple : c’est juste la façon de présenter qui n’est pas habituelle. Au final, en cours de jeu, pour ce qui est de la mécanique on ne s’y réfère quasiment pas. On reste donc bien loin de l’habituel « plein de tables = système lourd ».
Dans les choses qui peuvent déstabiliser :
- Le setting est très réduit. Ya des voyageurs et des dragons, mais pas une seule description de royaume, de pays etc. Les joueurs sont associés à la création du monde, des villes, et même de certains PNJ. En fait, après la fin du scénar, le MJ et les joueurs se consultent pour créer la prochaine ville vers laquelle les personnages voyageront. Pour ma part je ne pense pas les associer autant… j’ai le sentiment que ça peut gâcher un peu la surprise du scénar suivant.
- Le système, ultra simple, semble un peu « mécanique », dans le sens où tout les matins au réveil on fait tel jet etc. Quand je dis que le système est vraiment ultra simple, c’est qu’il l’est vraiment… pour vous donner un ordre d’idée (c’est forcément maladroit), on est bien plus proche d’un BoL que d’un Warhammer…
- Comme évoqué plus haut, une forte association des PJ au déroulement du scénar (enfin plus que d’habitude). Par exemple, en combat, les joueurs font une petite liste d’éléments du décor pouvant être utilisés pour leur apporter un petit bonus (utilisable une fois chacun).
- Je suis resté dubitatif devant certains éléments concernant l’homme-dragon… (Le perso du « MJ » en quelque sorte) mais heureusement, quelques pages de conseils à la fin ont éclairé la moindre de mes interrogations (au sujet de certains artefacts surtout). Du coup je me demande même s’il n’aurait pas été plus judicieux de les transformer légèrement et de les mettre au début du livre. (Genre une sorte de chapitre « philosophie du jeu »)
- Les scénars présentés sous forme de tableaux… ça fait très très bizarre ça… (Mais au bout d’un moment ça passe ! ^^)
Bon… voilà, je ne vais pas tout décrire non plus, et je suis sûr que j’ai oublié bon nombre de choses que je voulais présenter au départ. Je n’ai qu’un seul conseil : achetez-le et jouez-y ! Pour peu que vous aimiez l’ambiance de certains films Ghibli ou de Ni No Kuni, le jeu sur PS3, vous serez conquis ! Certes, il nécessite de changer quelques habitudes de jeu, mais ça vaut vraiment le coup !
Pour ma part je vais opter pour un setting Japonais, un Japon mythique rempli de kami (à la place des dragons), de yokaï et autres bakemono…
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