Meylan
Critiques
2 critiques · 1 gammes
Argyropée
2
Écran
Écran
Ayant commandé la gamme en version numérique, je ne peux pas me prononcer sur l’écran physique. Cela dit, son illustration est déjà superbe en format numérique, et la face MJ me semble à la fois très claire et très utile.
Mais ce dont j’aimerais parler ici, c’est du scénario Anarchitectures qui accompagne cet écran. Je l’ai maintenant joué deux fois avec deux groupes différents, et nous avons tous les cinq adoré ! J’ai de plus été (très) agréablement surprise par la flexibilité de ce scénario, qui convient aussi bien à des joueurs novices que plus expérimentés.
Le premier groupe était composé de deux joueurs entièrement novices n’ayant encore jamais fait de jdr. Ils découvraient donc tout sur le tas : univers, mécaniques de jeu, fiches de personnage… Ce scénario était parfait pour eux, car il présente tout ce qu’il faut pour une immersion rapide, sans rajouter de détails perturbants et superflus. Les joueurs se sont énormément amusés à mettre le bazar chez l’architecte (et un peu moins intéressés à la partie enquête) et ont passé un excellent moment ! Je pense bientôt leur proposer de jouer le scénario Fripouilles, où jouer des gremlins saboteurs de courses devrait bien les amuser aussi.
J’étais un peu hésitante à proposer Anarchitectures au second groupe, lui aussi composé de deux joueurs, mais expérimentés cette fois. Les connaissant, je savais qu’ils auraient tendance à partir dans des directions inattendues mais justifiables rp parlant et je craignais que ce scénario, avec sa progression logique et presque inéluctable de A à B ne soit trop rigide et ne les bride trop. Une crainte qui s’est avérée sans fondement : si la progression d’une scène à l’autre est relativement inéluctable, les joueurs disposent d’énormément de liberté et de possibilités au sein de chaque scène. Et oui, comme je m’y attendais, ce groupe-ci est sorti du cadre explicitement prévu par le scénario, mais ça n’a fait qu’enrichir encore la partie en donnant du relief à leurs personnages ainsi qu’à certains PNJs (j’en viens presque à espérer que certains n’interviennent pas dans des scénarios futurs de la gamme tant ils ont pris une vie propre certainement fort différente du « canon »). À la fin du scénario, ces joueurs-ci étaient également trèèès enthousiastes. Connaissant leur amour pour l’astronomie et le développement de personnage (et sachant que l’un de leurs personnages a amorcé une idylle avec un des musiciens PNJ d’Anarchitectures), j’ai très hâte de leur faire jouer Clair de Lune, qui est mon coup de cœur parmi les scénarios de la gamme que j’ai déjà eu le plaisir de lire.
Univers & Secrets
Univers & Secrets
Difficile de ne pas répéter ce qui a déjà été dit plusieurs fois et bien mieux que je ne pourrais le faire. Mais je vais malgré tout tenter de donner mes impressions d’Argyropée.
Argyropée, c’est… waouw. C’est une cité entourée d’une vaste prairie, oui, mais c’est aussi tellement plus que ça ! C’est un univers à part entière aux innombrables facettes, si riche (et pas seulement littéralement grâce au minerai d’argent) qu’un personnage peut y passer toute sa vie sans jamais arriver à court de découvertes. Et tant mieux, car la Mélancolie, un mal étrange et mortel, frappe tout Gyropéen qui tente de s’éloigner trop longtemps de sa cité.
Il y a bien des choses qui font d’Argyropée un coup de cœur absolu pour moi. Je vais tenter de les présenter de manière un peu structurée.
Tout d’abord, il y a l’ambiance, une low-fantasy urbaine plutôt inspirée Renaissance que Moyen-Âge et, surtout, résolument optimiste. Argyropée est une cité prospère où la culture, la science et la magie (!) sont en plein essor. Il y fait bon vivre, sans pour autant tomber dans une utopie parfaite mièvre ou lisse. Non, les Sentiers d’Argent ont leurs imperfections, leurs faces d’ombre, leurs petits secrets bien cachés mais prêts à être découverts par des petits fouineurs en mal d’aventure… On est donc sur un bel équilibre qui promet des heures et des heures de plaisir de jeu pour joueurs comme MJ.
Ensuite, l’univers est extrêmement bien ficelé : l’évolution d’Argyropée d’un ramassis de huttes en bois bricolées sur une colline à une immense et richissime cité franche est logique et riche en rebondissements, et le worldbuilding est suffisamment complet pour ne jamais se reposer sur les « TGCM » ou les « parce que c’est comme ça ». La richesse et le progrès gyropéen ne font pas d’ombre au pouvoir impérial, car les Gyropéens sont « coincés » dans leur ville, et les Impériaux n’y débarquent pas en masse car ils ne veulent pas être à leur tour frappés par la Mélancolie. Le meurtre est à éviter, pas parce que le MJ a décidé que les joueurs ne devraient pas tuer, mais parce que le Châtiment Vermeil marque les tueurs et leur promet un aller simple pour le plus redouté des bagnes de la cité. L’avant-gardisme culturel et scientifique d’Argyropée, enfin, est aisément expliqué par la prospérité et la relative autonomie de la cité. Quant aux zones d’ombre qui restent (forcément) en ne lisant que la partie joueurs du livre de base, elles aussi sont éclaircies à merveille dans la partie MJ, qui dévoile des aspects encore plus fascinants de l’univers, et ce alors qu’on pensait avoir fait le tour de ses merveilles !
Mais ce qui fait à mes yeux toute la saveur d’Argyropée, c’est l’immense diversité des contextes et des personnages qu’elle offre. D’un niveau de la ville à l’autre, ou même d’un quartier à l’autre, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre, avec ses mystères, ses beautés et ses secrets. Cela signifie qu’il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les types de joueurs. Envie d’une intrigue politique de haut vol ? Les hautes sphères du pouvoir gyropéen regorgent de magouilles et de luttes d’influence. D’une tranche de vie à échelle humaine mais néanmoins animée de nombreuses péripéties ? C’est le quotidien de la grande majorité de la population gyropéenne. De révolutionner l’art ou la science ? Les Chapitres Géminés vous ouvrent grand les bras. D’explorer les sous-sols mystérieux de la colline ? Les puits d’exploration creusent toujours plus bas en quête de minerai d’argent de qualité. De jouer des crapules de bas étage ou des criminels de haut vol ? La pègre gyropéenne va du simple petit coupe-bourse aux grandes familles criminelles. De— Bref, vous avez compris l’idée : tout est possible ou presque. Et pour ceux qui souhaiteraient mettre le nez hors de la ville, la grande prairie offre de vastes étendues où on trouve aussi bien des lieux intéressants.
Je pourrais continuer longtemps tant j’ai été happée par cet univers merveilleux. De plus, ce livre de base est très agréable à lire et la présentation de « la grande Histoire » et des généralités est parsemée d’anecdotes, de rumeurs et de courtes présentations de personnages, qui donnent un visage humain à ces grandes lignes… et sont autant d’amorces d’intrigue possibles. À chaque page, j’avais la tête qui fourmillait d’idées d’intrigues et de PNJs.
Bref, au cas où ce n’était pas encore clair : je recommande chaleureusement cet univers qui offre tant de possibilités.
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