Grégory Privat
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Appel de Cthulhu (L')
1
Sciences Forensiques & Psychologies Criminelles
Sciences Forensiques & Psychologies Criminelles
Je suis un collectionneur et j’ai de grandes vitrines dans mon salon. Je dois avouer que je me suis procuré certains des ouvrages de la gamme de l’Appel de Cthulhu, simplement pour boucher des “trous” dans la suite des numéros figurants sur les tranches des manuels. Par exemple, bien que j’ai dans un premier temps acheté l’édition « collector » des règles, puis celle des trente ans, j’ai fini par me procurer la version “normale”, avec le n°1 sur la tranche, qui n’a jamais quitté son étagère, simplement pour éliminer un trou.
Quand une nouvelle édition de FPSK a été annoncée et qu’il est apparu qu’elle porterait le N°31 et pas le N°5R, quand j’ai lu que le texte serait étoffé et que des scenarios complèteraient l’ouvrage, j’en ai voulu à SD. Je me voyais déjà racheter un bouquin que j’avais déjà lu, légèrement étoffé, avec une maquette plus aérée, des illustrations pleine page visant à augmenter la pagination et des scénarios que je ne ferais probablement jamais jouer. Après tout, avec une trentaine d’années passées à acheter des magazines et des suppléments, je n’ai plus vraiment besoin de nouveaux scénarios. D’autant qu’en général, je fais jouer mes propres créations.
Tout ça pour dire que je n’attendais pas grand chose sinon de la rancœur de cette nouvelle édition. Je l’aie reçue hier et je me suis penché dessus. Alors oui : la maquette est plus aérée et il y a plus d’illustrations. A propos de ces dernières, les nombreux croquis de la première version ont été remplacés par des photos des personnages. Cela permet de reconnaître le talent de EL Théo dont on devine qu’il a dû travailler sur portrait pour tous les personnages historiques. Ceci étant, les photos donnent un cachet plus sérieux au bouquin et l’ancrent (l’encrent ?) dans le style des derniers ouvrages parus. Le bouquin fait du coup plus sérieux, moins années 90 et on s’aperçoit du chemin parcouru ces dernières années.
En ce qui concerne la maquette plus aérée, qui comporte des sauts de paragraphes supplémentaires et utilise une police plus grande, la première réaction du râleur que je suis a été de me dire que mouais, bof, le gain de pages devait probablement plus être du à cette dernière qu’aux rajouts de textes. J’ai donc attaqué un feuilletage comparé des deux éditions : j’ai posé les bouquins côte à côte et j’ai commencé à tourner les pages.
Dans un premier temps, je me suis rendu compte que celles de la nouvelle édition tournaient plus vite. Un tout petit peu plus vite. Et puis je me suis perdu. J’ai donc recherché le paragraphe du bas de la page de la nouvelle version dans l’ancienne et je ne l’ai pas retrouvé. J’ai compté les paragraphes de la partie et je me suis aperçu qu’alors que le texte des deux parties que j’avais sous les yeux semblait identique, des paragraphes, parfois courts, ou très courts, parfois plus longs avaient étés rajoutés. J’avais bien remarqué que de nouvelles informations étaient parfois ajoutées à certaines parties, mais pas qu’il y en avait aussi au cœur des parties issues de la première édition.
J’ai continué mon inspection et je suis tombé sur les premiers vrais rajouts. Les premiers étaient intéressants mais pas forcément impressionnants, par exemple six nouvelles bios à la fin de la partie sur l’historique des sciences forensiques. Mais rapidement, alors que le feuilletage de la nouvelle version était déjà légèrement plus rapide que celui de l’ancienne, il s’est encore accéléré alors que des pages et des pages de nouveau matériel passaient sous mes yeux sans que celles de l’ancienne version ne bougent d’un pouce. A tel point qu’à un moment donné, j’en ai oublié cette dernière, pris que j’étais par le nouveau bouquin. Finalement, je suis parvenu à la partie du bouquin réservée aux scénarios. 40 pages. Sur 415, ce n’était pas vraiment du remplissage (et il n’y a qu’une page d’aides de jeu).
Que dire au final ? Je pensais à une arnaque. Vraiment. Et j’avais un état d’esprit très négatif sur cette nouvelle édition. Après en avoir lu quelques morceaux au hasard et avoir passé en revue l’ensemble du bouquin, j’ai du le ranger à regret sur l’étagère juste avant la boite du Rejeton dont il me tarde de finir la lecture pour pouvoir attaquer sérieusement celle de SFPC.
C’est couillon, mais s’il n’y avait pas eut ce N°31, je serai passé à côté. Et si je devais vraiment en vouloir à SD, ce serait de ne pas avoir sorti SFPC avec 4 ans de retard et une seule fois, comme ils l’ont fait pour le Guide des années 20. Mais serait-ce bien raisonnable ?
PS : j'ai déjà et je continue à bosser pour SD. Je n'ai pas participé à l'écriture de ce supplément et j'ai écrit ce qui précède en tant que "client". Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis indépendant : si ma conclusion avait confirmé mes peurs, je n'aurai simplement rien publié ici.
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