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Warhammer
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Warhammer
Warhammer
Warhammer, Warhammer…
Cet univers a été ma berceuse, l'histoire que l'on raconte pour faire peur à un enfant, non sans pointes d'espoirs lorsque Sigmar décidait d'intervenir.
À 8 ans, mon deuxième jeu de rôle (après l'Oeil Noir) fut du warhammer V1 qui fut rapidement remplacé par la V2. Cher lecteur, vous vous en doutez, je n'étais point MJ a cette époque, et force était déjà de constater une évolution. La guerre du Chaos avait frappé, et c'est pendant toute mon adolescence que j'ai parcouru et fait parcourir le Reikland, ravagé par la fragrance du désespoir et de la corruption. Parallèlement, je me plongeais dans Dark Heresy et tous ses petits copains qui ont suivi, emporté par la puissance de l'Empereur de l'Humanité.
Fort de cette petite contextualisation, je vais enfin pouvoir parler de Warhammer V4, qu'il est impossible à aborder sans évidemment le comparer à la V1 et à la V2.
- Commençons par le GAMEPLAY.
Pour ceux qui ont peur des nouveautés, rassurez-vous, on ne tente pas quelque chose comme la V3 (même si, il faut bien l'admettre, cette édition était bancale). Là, on en appelle clairement aux fans, et on se désintéresse totalement des débutants. On peut au moins reconnaître que c'est totalement assumé.
Globalement, la création de personnage ne change pas (ou peu) par rapport à la V2 : on reste sur un système complètement aléatoire (hasard récompensé par de l'XP d'ailleurs), avec l'apparition de la Dextérité (ça a dû être compliqué à inventer cette caractéristique... AHHH je suis médisant, cessons!). Notez que Warhammer V4 n'a pas voulu prendre la bonne idée de prendre une caractéristique Perception. Ainsi, il faut toujours être un intellectuel pour pouvoir observer, écouter ou sentir. Comme quoi, sentir la bouse de troll demande toujours des études universitaires de haut niveau dans Warhammer.
Néanmoins, le jeu nous offre, une cinquième race jouable (Oh ! Les Ogres ? Afin de découvrir ce peuple à la culture apparemment Mongol ? Un Khemri ? Offrant une nouveauté Gameplay ?) à savoir, un haut elfe qui s'adjoindra aux elfes sylvains jouables (*Soupir*).
Le système de carrière change un petit peu et offre une meilleure ergonomie de lisibilité et de compréhension, par rapport à la machine infernale qu'était la V2. Néanmoins, nous n'allons pas vers une révolution gameplay pour autant, puisqu'au lieu de trouver carrières de base/ carrières avancées, on trouve huit familles de carrières, divisées elles-même en huit carrières de 4 niveaux chacune (comme expliqué dans d'autres critiques qui abordent beaucoup plus en détail ce système). Pour le coup, je mets ce système de carrière dans les propositions positives que nous offre cette édition.
Concernant les combats... Ils ont réussi à créer un système encore plus lourd que la V2 (était-ce possible ? Apparemment oui...) puisqu'il faut un test de combat opposé avec CHAQUE ADVERSAIRE. Bon, là, clairement, je ne sais pas ce qui leur a pris, les combats sont plus longs sauf quand les dégâts commencent à tomber : effectivement, le système de combat est largement plus punitif et on meurt plus vite, puisqu'on ajoute notre seuil de réussite à nos dégâts (qui sont stables et tournent à BF+2). Je ne pensais pas d'ailleurs qu'il était possible d'être plus punitif que la V2. Mais si.
Notez qu'il existe un système d'avantages, ou plus l'adversaire s'en prend plein la poire, plus il va mourir vite car son opposant prend l'ascendant sur le combat. En effet, dès qu'un personnage réussit une action contre un adversaire, il gagne un avantage. Chaque avantage augmente de 1 le seuil de réussite Donc, avec ce système, chaque avantage augmente à la fois la touche et les dégâts. Oubliez le chiffonier qui tentera d'être épique en combat car il n'a désormais plus aucune chance.
En vérité, ce système d'avantage aurait été une belle chose s'il n'y avait pas ce jet de dé opposé qui ralentit drastiquement la jouabilité et qui avantage encore plus les personnages puissants en combat.
Le système de corruption est sympa sans être révolutionnaire, puisqu'il a pris le parti de séparer les corruptions mentales et physiques. Notez que l'on reste dans les canons de la corruption de la V2.
Pareil du coté du système de magie qui bouge peu (c'est peut être pas si mal dans un sens).
On retrouve l'éternel duo des talents et compétences, avec des choses inutiles siégeant à coté de choses vitales. Mais bon, j'ai envie de dire que c'est dans l'ADN de Warhammer.
Bref pour conclure sur l'arc gameplay, je ne m'attendais pas à des révolutions extraordinaires puisque la V3 avait énormément déçu le public par ses prises d'initiative très audacieuses. Ainsi, on revient en arrière, avec parfois une manière étrange d'aborder la jouabilité en faisant comme si rien n'avait changé en 20 ans. Ainsi, ce système s'adresse clairement à ceux qui veulent replonger dans un jeu de rôle aux mécaniques un peu retro.
- Finissons par l'Immersion et le Lore.
Cette partie sera plus courte, car je ne peux m'étaler sur ce qui est absent.
Pour un petit point immersion, mon achat de ce livre est dû en grande partie aux illustrations au cœur de l'ouvrage et à sa maquette. Ce livre est beau, agréable à feuilleter et l'idée d'illustrations immersives au départ est assez sympathique (en gros, on a une série d'une petite dizaines grandes illustrations sur deux pages, agrémentées de textes d'ambiance dès le démarrage du livre).
Néanmoins, l'époque dans laquelle est censée se dérouler l'ouvrage est, à mon sens, sa plus grande faiblesse et ce qui fait que Warhammer V4 est une véritable déception. En effet, l'époque dans laquelle on va se plonger est l'accession au trône de Karl Franz Premier, c'est à dire que l'on revient littéralement en arrière, à la fois en terme de système, mais aussi dans le background. Notons qu’apparaît le Fimir dans le bestiaire, car les éditeurs voulaient utiliser leurs figurines d'Heroquest pour jouer à la V4 (bon, là c'est moi qui essaye de comprendre pourquoi on retrouve le Fimir dans le Bestiaire). À mon sens, il s'agit de l'une des principales preuves que les éditeurs ont peur du risque : on va chercher la nostalgie des vieux joueurs voulant redécouvrir comme à la première fois, le Vieux Monde. Mais le problème, c'est que ça ne marche pas.
En effet, comme pour le Mythe de Cthulhu, un vieux briscard ne pourra plus s'étonner de grand chose en le faisant jouer dans le passé : au mieux, il sera content de découvrir comment l'Empire de Karl Franz de la V1 et de la V2, s'est construit. Au pire, il jouera dans l'époque de la V2 avec sa V4. Et en soit, c'est à mon sens un échec.
Car cette V4 est en vérité une 2.5 : elle ne prend quasiment pas de liberté gameplay et ne prend absolument aucune liberté sur la toile de fond. On revient à une fantasy où le Chaos est non seulement moins présent, mais en plus, on retrouve ce qui fait les origines de Warhammer, en soit une sorte de mélange de Donjon & Dragon et de la Terre du Milieu. Mais ce qui fait ses origines ne fait pas ses spécificités.
Pour conclure
Je sais que le but du projet était de contrer Age Of Sigmar (ce que je peux parfaitement comprendre), mais je pense que plutôt que de faire un rétropédalage affolé, il aurait été plus judicieux de traiter la transition que proposait Games Workshop, à savoir « The End Of Times ». D'ailleurs, Verminitide, le jeu vidéo, réussit à donner une fraîcheur à cet univers tout en le plaçant au cœur de la période « Fin des Temps ». Comme quoi, c'est possible de renouveler ce magnifique univers sans le détruire ou le faire jouer 50 ans avant.
Les éditions 1 et 2 de Warhammer se répondaient en terme Background : V1 était l'introduction à la Guerre du Chaos tandis que la V2 se déroulait quelques années après, avec les impacts que cela pouvait avoir.
La V4, elle, n'a rien choisit. Ni d'aller plus loin dans le temps, ni de traiter une autre région du Vieux Monde. Et je crois que c'est pour cela, principalement, que cette édition restera dans mon placard : elle n'apporte aucun lieu que je désire raconter sans devoir ressasser du vieux abandonné par le neuf.
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