Boltgun
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Critiques
2 critiques · 1 gammes
Shadowrun
2
Noir Total
Noir Total
Les gammes de Shadowrun suivent des schémas connus et qui dit nouvelle édition, dit supplément de contexte pour lancer l’histoire. L’intrigue est ici intimement liée à Ares, la plus « America Number One » des mégacorpos, avec une orgie d’explosions dignes d’un Michael Bay à faire tourner votre crête rose au cramoisi.
En 184 pages on est bien servi avec deux villes détaillées et une année d'événements majeurs. On apprécie d’avoir une histoire qui n’a pas peur de mettre un coup de pied sur les fondations de l’univers et de retrouver les protagonistes qu’on aime, qu’ils soient corpos, runners ou esprits métaplanaires. On regrettera cependant qu'à mi-chemin l’histoire quitte la rue pour se perdre en conflits et manœuvres géopolitiques qui mettent à jour l’univers, certes, mais n’impliquent à aucun moment la table de jeu. Sans compter que les thèmes de survie dans une société qui s'écroule ne vont pas forcement vous parler.
Le contenu exclusif français est appréciable. Les suppléments de contexte de Shadowrun ont souvent le souci de ne pas donner matière à ceux qui souhaitent découvrir la cause des évènements. Ici nous trouvons un scénario révélant aux joueurs le background ayant mené à la bataille de Détroit. L’aperçu de la France post Néo Révolution, en plus de donner des nouvelles de notre partie du monde, nous donne aussi des indices sur l’origine de la crise qui a secoué les UCAS. C’est ce genre de contenu qui adapte les publications au public français qui, je suis sûr, fourmille d’investigateurs.
En conclusion, si vous avez déjà mangé de l’effondrement de la société dans d’autres médias, Streetpédia sera un meilleur premier choix. Ce supplément est cependant bien utile si vous souhaitez donner vie à l’univers avec une ambiance tendue où les méchantes corpos sont bien méchantes, ou si vous souhaitez bouger de Seattle.
Shadowrun
Shadowrun
On ne présente plus Shadowrun, le jeu cyberpunk-mais-urbain-fantasy avec son univers ininterrompu depuis la fin des années 80. On aurait pu croire que les genres se mélangent pas, mais au final les deux faces de cette pièce s’enrichissent. Inutile de dire que j’étais enthousiaste à explorer cet univers, cependant j’aime maîtriser un jeu complexe, mais pas compliqué, et Shadowrun était jusqu’à présent dans le second cas. La variante Anarchy élimine la complexité mais un juste milieu était possible et c’est ce qu’on trouve avec cette sixième édition.
Les règles sont simplifiées autour de deux concepts : l’atout qui permet d’acheter des actions d’éclats et des scores d’offense ou de défense qui sont les sommes de tout ce qui vous permet d’atteindre ou de repousser l’ennemi. Le second permettant d’alimenter le premier. Cela requiert un peu de travail du joueur, mais il faut avouer que c’est une bonne meilleure alternative à des règles spécifiques pour chaque possibilité offerte par la magie ou la technologie.
Il y a quelques imperfections. La simplification des règles est inégale. Vous pouvez hacker et tirer simplement, mais dès que vous vous allongez, vous devez suivre une brouette de règles venues de nulle part. Les actions d’atout prennent l’allure d’une liste pas vraiment réfléchie et je vous recommande d’identifier ceux qui vous intéressent et de jeter le reste.
Parler règles c’est bien, mais les forces du jeu sont son univers et la planification laissée aux joueurs. Le livre nous offre une introduction en une section qui peut laisser sur sa faim mais vous avez les grandes lignes. Pour le second point, au-delà de moult options laissées aux joueurs, j’apprécie l’effort fourni pour le MJ avec un système de sbires et des règles pour rapidement gérer les conséquences. Cela rend facile l’improvisation face aux plans tordus que les joueurs peuvent préparer. Notez cependant que la partie MJ va droit au but donc si vous êtes débutant vous allez vouloir chercher les bases ailleurs.
En conclusion, c’est pour moi la bonne édition. Je peux suivre les règles sans me fatiguer, les joueurs ont le champ libre pour s’optimiser sans que cela prenne le dessus sur la narration et l’univers est toujours passionnant. Entre ça et la variante Anarchy, le système de jeu n’est plus une excuse pour ne pas y jouer.
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