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Guide du Rôliste Galactique — Accueil

La société pardonne souvent au criminel, jamais elle ne pardonne au rêveur (O. Wilde)

Eric Flint

Eric Flint

Salut, je suis Eric Flint, un auteur de science-fiction et de fantastique. Ma carrière d'écrivain "officielle" a commencé avec la publication en 1993 d'une nouvelle qui s'appelait "Entropy, and the Strangler". Cette histoire a terminé en tête du concours de l'hiver 1992 "Writers of the Future", qui fut fondé par L. Ron Hubbard. Le coordonnateur du concours était Dave Wolverton, et le comité des juges était composé de Anne McCaffrey, Larry Niven, Jerry Pournelle et Algys Budrys. La nouvelle fut publiée dans l'anthologie 1993, que le concours sortait sur une base annuelle. Cependant, j'ai écrit à un moment ou l'autre pendant toute ma vie. Mais c'était ma première vente, et elle m'a amené au point où je suis maintenant auteur à plein temps.

"Entropy, and the Strangler" était la petite partie d'une série fantastique majeure sur laquelle je travaille depuis 1969, certains des livres en collaboration avec un ami à moi du nom de Richard Roach. Je ne me suis pas vraiment mis à écrire sérieusement, cependant, avant 1992. J'avais alors 45 ans, et j'ai réalisé que si je devais jamais écrire sérieusement, je ferais mieux de m'y mettre.

Début 1993, richard et moi avions fini un tome de cette série fantastique, un roman qui s'appelle "Forward the Mage", et j'avais écrit une bonne partie du roman qui serait par la suite intitulé "The Philosophical Strangler" (qui sera édité par Baen Books en mai 2001). Une version réécrite de "Entropy, and the Strangler" sert maintenant de prologue à ce roman.

L'univers dans lequel se déroule "The Philosophical Strangler" et "Forward the Mage" est quelque chose que Richard et moi, peut-être en l'absence d'un meilleur terme, appelons simplement "le monde de Joe" (Joe's World). Pour le meilleur ou pour le pire, les romans (dont au moins cinq sont écrits ou partiellement écrits) ne rentrent pas tous dans les paramètres normaux du genre fantastique. Comme je l'ai vite découvert quand j'ai commencé à accumuler les lettres de refus...

A ce moment-là, j'ai réalisé que je ferais mieux de me concentrer, au moins pour un temps, sur l'écriture de ce qu'on pourrait appeler de la science-fiction ou du fantastique plus "francs". Aussi, vers fin 1993, j'ai écrit le roman "Mother of Demons". En fin de compte ce roman fut acheté par Baen Books et fut mon premier roman publié, sorti en septembre 1993.

Bien que j'aie commencé "Mother of Demons" surtout dans l'objectif bassement terre-à-terre d'être reconnu comme auteur, je me suis vite rendu compte que j'aimais écrire des histoires de science-fiction autant que du fantastique comique. Aussi quand Jim Baen me demanda si je voulais participer avec David Drake à une série de romans de SF alternatifs/militaires fondée sur le personnage historique de Belisarius, je me suis empressé d'accepter.

J'ai passé l'essentiel de 1997, 1998 et une bonne part de 1999 à écrire les quatre premiers livres de la série Belisarius (An Oblique Approach, In the Heart of Darkness, Destiny's Shield et Fortune's Stroke). Avec le recul, je vois cette période comme mon "apprentissage" d'écrivain. Comme je détaille plus dans la Foire Aux Questions de mon site, une fois que les choses sont installées, les collaborations varient d'un groupe d'auteurs à l'autre. Ma collaboration avec David Drake prent une forme simple : il invente l'histoire et l'intrigue ; je les écris. Mais ce que Dave fait aussi, c'est travailler étroitement avec moi tout au long de l'écriture, et, sur cette période de trois ans (et encore à ce jour - début 2001) il m'a servi comme un maître artisan enseigne à son apprenti. Dave et moi écrivons très différemment, par bien des aspects. Mais le temps passant je me suis mis à absorber et intérioriser de chez Dave ce auquel je pense comme l'art d'être un écrivain : des choses comme le développement de l'intrigue, la gestion des points de vue, discours direct contre indirect, etc. Entre Dave, Jim Baen, et le directeur exécutif de Baen, Toni Weisskopf, je suis passé par la meilleure école qu'on puisse demander.

Début 1999, j'ai senti que j'étais prêt à m'attaquer à un nouveau roman en solo, et ainsi j'ai envoyé à Baen Books l'offre de ce qui devint le roman "1632". Jim l'a tout de suite achetée, et j'ai écrit le roman dans l'été 1999. "1632" est sorti en février 2000 et depuis il s'est très bien vendu. Assez bien, en fait, pour que ce que je destinais à l'origine comme un roman indépendant (et qui fonctionne ainsi) ne devienne maintenant une série florissante. Plus tard cette année-là, j'écrivais deux suites à ce livre - intitulées "1633" et "1634" - la première en collaboration avec David Weber. Et il y en aura sans doute d'autres qui suivront après ça, ainsi qu'au moins une histoire alternative dérivée ayant pour titre "1781".

Pendant ce temps, au cours de discussions et débats divers au bar de Baen, j'étais tombé sur un auteur Sud-Africain du nom de Dave Freer, qui avait fait récemment publier son premier roman chez Baen Books, "The Forlorn" (il est sorti en septembre 1999). Au cours d'une correspondance électronique, Dave et moi sommes tombés amis et nous avons décidé d'avoir le plaisir de collaborer. Le premier fruit de cette collaboration fut le roman "Rats, Bats & Vats", qui fut publié en septembre 2000. Notre seconde collaboration, "Pyramid Scheme", doit sortir en octobre de cette année (2001).

Cette collaboration, en retour, ouvrit la voie à une collaboration à trois entre Dave et moi-même et Mercedes ("Misty") Lackey. Nous travaillons tous trois sur une série de quatre tomes d'histoire alternative/fantastique ("Heirs of Alexandria"), dont le premier tome, qui s'appelle "The Shadow of the Lion", est près d'être achevé.

Mon - excusez-moi si je me complimente un moment - approche patiente et systématique de l'apprentissage du métier d'écrivain a aussi fini par porter ses fruits pour ma série fantastique comique. Baen Books a acheté "The Philosophical Strangler" et il sera publié ce printemps (2001). Puis, un peu plus tard, j'ai signé un contrat pour quatre nouveaux volumes dans la série Joe's World. J'écris deux d'entre eux - "Forward the Mage" et "Sword on Canvas" - en collaboration avec mon ami Richard. "Forward the Mage" est fini mais doit être réécrit, ce que je fais en ce moment ; "Sword on Canvas" est environ à moitié écrit pour le moment. J'écrirai les deux autres romans en solo.

J'ai aussi écrit quelques textes plus courts pour diverses anthologies. L'un d'eux, une nouvelle intitulée "From the Highlands", sort en mars 2001 comme partie de la troisième anthologie de la série David Weber's Honor Harrington, "Changer of Worlds". Un autre, une novella dans le cadre de l'univers Ranks of Bronze de David Drake, sort en juin (2001) dans la nouvelle anthologie de Dave, "Foreign Legions".

En plus de mes propres oeuvres, j'ai aussi travaillé comme rédacteur cette dernière paire d'années, ramenant à la publication ce que je considère comme les meilleurs livres de quelques-uns des grands auteurs du passé de la science-fiction. En collaboration avec Guy Gordon, j'ai préparé la réédition majeure que publie Baen des écrits de James H. Schmitz. Les trois premiers volumes de cette réédition sont maintenant sous presse - "Telzey Amberdon", "TnT: Telzey and Trigger Together" et "Trigger & Friends" - et il y a au moins trois autres en préparation. Ce sont "The Hub: Dangerous Territory", qui finira toute la série Hub de Schmitz ; une réédition des quatre histoires "Agent of Vega" avec sept autres histoires de Schmitz ; et une réédition de son roman "The Witches of Karres".

Récemment, j'ai commencé à préparer une grande réédition des écrits de Keith Laumer, dont au moins trois volumes seront publiés par Baen Books. L'un des volumes sera constitué par ses histoires Retief, les deux autres seront formés d'autres écrits de Laumer qui je pense font partie de ses meilleures histoires.

Au-delà de ça, je suis sous contrat pour un certain nombre de romans, certains en solo et certains en collaboration. En bref, je suis occupé. Trop occupé, je me dis parfois - mais alors, quand je m'en plains à mon ami Dave Drake, il rit et me rappelle le bout de sagesse le plus fondamental pour un écrivain : il n'y a que deux états dans l'existence d'un romancier indépendant - trop de travail, ou trop peu. Lequel préfères-tu ?

Et bien... vu sous cet angle...

Je me suis aussi récemment retrouvé à participer à un projet qui s'appelle Read Assist, conséquence de ma position sur l'avenir de l'édition électronique. Vous pouvez lire mes opinions à ce sujet en allant à www.baen.com et en cliquant sur "Introducing the Baen Free Library". Cela a entraîné la formation d'un groupe de Barflies (des lecteurs de science-fiction qui "traînent" au bar de Baen) qui aident un lecteur de science-fiction infirme du nom de Jimmy à rester connecté à la réalité. Pour lire Jimmy ne peut même pas tenir un livre en main. Allez voir le site à www.readassist.org pour les dernières informations.

Je suppose qu'il faudrait que j'ajoute une partie de mon histoire personnelle.

Je suis né dans le sud de la Californie en 1947, et puis j'ai passé cinq ans (de 5 à 10 ans) en France à cause du travail de mon père. Adolescent, j'ai vécu une bonne partie du temps dans les contreforts des montagnes Sierra Nevada de Californie, pas très loin de la ville de Fresno.

J'ai terminé le lycée à Los Angeles et j'ai fini par avoir ma license à l'UCLA (Université de Californie, Los Angeles), obtenant le diplôme avec mention très honorable et entrant à Phi Beta Kappa (association universitaire américaine réservée aux étudiants émérites - NdT). Ce qui fut sans doute le sommet de ma respectabilité dans la société moderne. De là... et bien, vous allez voir.

Puis j'ai passé trois ans à UCLA à travailler pour un doctorat en histoire, ma spécialisation étant l'histoire de l'Afrique du Sud au 18ème siècle et début 19ème. Ma toute première publication date en fait de cette période. J'ai écrit un article au titre académique approprié de "Trade and Politics in Barotseland During the Kololo Period", qui fut publié dans le Journal of African History en 1970 (Volume XI:1). Un petit morceau de mon histoire peut-être mystérieux - mais, assez curieusement, j'ai fini par utiliser des épisodes de l'histoire des Bantu du sud au début du 19ème siècle comme modèle pour différentes parties de "Mother of Demons". J'ai toujours suspecté que le vieux dicton "waste not, want not" (ne gaspille rien, ne désire rien) fut inventé pour la première fois par un écrivain indépendant (ou, plus probablement, un barde - même chose, époque différente).

C'est aussi pendant cette période, de l'automne 1969 à l'été 1970, que j'ai commencé à écrire la série Joe's World.

Dans l'été 1971, j'ai décidé de quitter le monde universitaire. La raison, en un mot, est qu'après des années d'activité politique (principalement dans le mouvement des droits civils ou le mouvement anti-guerre du Vietnam) j'étais devenu socialiste. Et la vérité c'est que je n'avais pas grande utilité - pas plus aujourd'hui - de socialistes universitaires. Il me semblait alors - encore maintenant - qu'un activiste politique socialiste réside chez les ouvriers de l'industrie américaine et dans ses syndicats, pas dans des tours d'ivoire.

Aussi j'ai fait mes affaires et je suis allé travailler comme docker et puis camionneur, travaillant surtout à partir de bureaux d'embauche syndicaux. En 1974, ayant besoin d'un emploi plus stable, je suis devenu apprenti mécanicien et j'ai fini par passer l'essentiel d'un quart de siècle à travailler comme mécanicien. A différents moments, cependant, j'ai aussi travaillé comme emballeur de viande, forgeron automobile, souffleur de verre - pas mal de choses. Durant la plupart de ces années j'étais membre du Parti des Travailleurs Socialistes, et, comme c'est généralement le cas pour les membres de cette organisation - dont les traditions remontent aux libres Wobblies (surnom des "Industrial Workers of the World" - NdT) - j'ai pas mal traîné dans le pays. A différents moments j'ai vécu et travaillé et été politiquement actif en Californie, Michigan, Ohio, Illinois, Virginie de l'Ouest et Alabama. (Je me suis présenté au conseil municipal de Birmingham quand je vivais en Alabama en 1979.) (Non, je n'ai pas gagné l'élection.)

En 1992, pour ramener cette petite histoire à ses origines, j'ai décidé que c'était le moment de renoncer à mon activité politique et de m'essayer à écrire. Après plus de 25 ans ans comme activiste politique, je me suis dit que j'avais réglé mes dettes et que je pouvais en bonne conscience passer le reste de ma vie à essayer de voir si je pouvais réussir à ce qui avait été mon premier rêve de jeune homme - écrire de la science-fiction et du fantastique.

Et bien... pas mal, jusqu'à présent. Nous verrons ce qui se passe ensuite.

Aujourd'hui (début 2001), je vis dans un centre industriel qui s'appelle "Northwest Indiana", juste de l'autre côté de la frontière de l'état depuis Chicago. Depuis l'été 1999, je peux gagner ma vie comme écrivain à temps plein et j'ai pu cesser mon travail à l'usine. Mon épouse Lucille, une ex-activiste politique comme moi-même, travaille dans l'une des grosses aciéries du coin. Ma fille Elizabeth et son mari Donald vivent en ce moment avec nous. Donald vient d'avoir son premier poste comme professeur de lycée et Elizabeth est enceinte. Un jour ou l'autre j'imagine qu'ils trouveront leur propre maison, mais en attendant c'est chouette de les avoir par là. Et en avril, il semble que je serai grand-père. C'est une perspective que j'attends avec impatience, plus ou moins, sauf que... et bien, ma fille jure qu'elle va me faire changer les couches. Je suis partagé à ce sujet. Bon. En fait, je ne suis pas "partagé" du tout. Je ne veux pas le faire, tout simplement. Mais je peux voir l'écriture sur le mur.

C'est un monde étrange. Entre mon âge croissant - pas vraiment pour les cheveux gris, mais j'ai besoin de lunettes maintenant - mon statut iminent de grand-père, et ce qui semble être un succès dans le commerce (relativement) honorable de l'écriture de science-fiction et de fantastique, on dirait que la respectabilité sociale que j'ai joyeusement balancée par dessus bord il y a trente ans est en train de revenir me hanter. D'un autre côté... l'un de mes mentors socialistes quand j'étais jeune était un vieux mécanicien malin et dur qui s'appelait Morris Chertov. Qui, jusqu'au jour de sa mort à 70 ans passé, a toujours gardé sa boîte à outils. "Tu ne sais jamais, Eric, quand ces salauds te feront revenir au travail". Ça me semblait alors une bonne philosophie de vie, et ça l'est encore. Aussi ma boîte à outils repose à la cave, au cas où.

Et je pense que je m'arrêterai là. Tant que je suis encore plus ou moins en avance.

Traduit d'après le site de l'auteur, avec son aimable autorisation.

Cette biographie a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.

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